Protect Me.


Chapitre 4.


Gibbs coupa le moteur et se tourna vers Jen, celle-ci dormait depuis qu'il l'avait déposée sur banquette de la voiture. Il la regarda, elle semblait si fragile.. Il posa doucement ses mains sur le volant et soupira en silence, que pouvait-il bien se passer pour que la Jenny Shepard qu'il avait toujours connue, soit ainsi ?
Ne voulant pas la réveiller, il sortit de la voiture, ouvrit la portière de Jen sans bruit et prit la jeune femme délicatement dans ses bras, calant sa tête sur son torse. Dans d'autres circonstances, il aurait été heureux de tenir Jen ainsi contre lui... Les regards des passants semblèrent soudain oppressant pour l'agent Gibbs qui se dirigea en silence vers sa maison.

Il ouvrit la porte de sa demeure en faisant le moins de bruit possible. Dans son sommeil Jen s'était raccrochée à lui telle à une bouée de sauvetage, Gibbs s'en inquiéta qu'encore plus, elle n'était pas le genre de femme qui avait habituellement le besoin qu'on la surprotège...
L'ancien Marine arriva à sa chambre et déposa doucement le corps endormi de son ancienne partenaire sur le lit, il se redressa et prit le temps de laisser son regard glisser sur elle. C'est alors qu'il remarqua certaines traces étranges sur la parcelle de peau qu'il pouvait apercevoir sous le pull qui s'était légèrement relevé. Gibbs s'assit sur le lit et laissa doucement son doigt glisser sur le corps frêle. Il sentit la jeune femme tressaillir légèrement au contact de sa main. Il remarqua alors que les marques violettes étaient ce qui ressemblaient fortement à des traces de coups. Il pria pour que ces traces ne soient pas dues à ce qu'il pensait. Il se figea soudainement, recouvrit rapidement Jen d'une couverture comme si il venait de se faire soudainement brûler, et s'éloigna sans bruit après avoir fermé les volets ne laissant qu'une once de lumière filtrer et partit en laissant la porte de la chambre légèrement entre ouverte. Si c'était bien ce à quoi il pensait, il ne pourrait rien dire et seulement surveiller ses gestes vis a vis de la jeune femme et surtout faire attention à Jen jusqu'à ce qu'elle lui en parle... Si bien sûr elle lui en parlait un jour... ce qui semblait impossible...

L'agent spécial mit la cafetière en route et descendit à la cave vers son bateau. Il réfléchissait. Non, ce ne pouvait pas être ça... Pas elle... Pas Jen, on ne pouvait pas faire ça à SA Jen... De rage il attrapa son rabot et laissa ses mains glisser sur la fine coque de son bateau, il baissa la tête, appuyant finalement son front contre le bois et tenta vainement de se calmer... Il cherchait d'autres explications, sans succès. Un malaise insoutenable l'avait envahi et l'image de ses marques violacées sur le corps de son ex maîtresse le hantait... Comment pouvait-on faire ça à une femme ? Comment pouvait-on faire ça tout simplement ? Une incompréhension totale s'empara de lui et Jen n'aurait pas été dans la maison, il se serait certainement laissé aller vers le bourbon...


Pendant ce temps, Jen tournait et se retournait dans le lit en poussant de légers gémissements ressemblant a une complainte.

Le jeune homme écrasa sa bouche sur celle de Jen, et, après s'être débarrassé vivement de ses vêtements passa une main dans les cheveux de Jen en l'obligeant à se plaquer contre le mur, il lui murmura à l'oreille d'une voix rauque alors que Jen fermait les yeux de dégoût

- Ça va être bien chérie, tu vas voir.

Jen parvint à grincer entre ses dents en tentant une nouvelle fois en vain de le repousser.

- Je ne... suis... pas... ta... chérie espèce de...

Il la stoppa en plaquant une main sur sa bouche. Jen fit des yeux implorant en remarquant que Francis se rapprochait dangereusement d'elle. Elle fut soudainement incapable de prononcer un mot. Les pensées se bousculèrent dans sa tête, les secondes passaient et Jen avait l'impression que tout se passait au ralenti. Elle sentit soudain le sexe de l'homme la pénétrer sans aucune forme de douceur. La jeune femme en eut un hoquet de surprise, elle ferma à nouveau les yeux, laissant une larme perler sur sa joue alors que le jeune homme lui intimait de se taire en débutant un rapide va et vient.
Elle sentait les mains de l'homme parcourir son corps, s'attardant sur ses seins ou ses fesses, les malaxant, pétrissant, laissant des marques sur son ventre ou ses cuisses... Jen essaya d'hurler, mais aucun son ne franchit ses lèvres alors qu'un dégoût envers son agresseur mais surtout envers elle s'emparait de ses entrailles.


La rouquine s'éveilla en un grand cri, elle se redressa vivement dans le lit, complètement déboussolée, incapable de deviner où elle se trouvait. Les larmes aux yeux, elle poussa un autre cri quand elle vit la porte de la chambre s'ouvrir à la volée. Elle se recroquevilla sur elle-même, priant pour qu'il ne revienne pas. Elle murmura doucement dans un état second sans apercevoir un Gibbs inquiet qui venait d'accourir vers elle.

- Laisse-moi... Francis, laisse-moi.

Jethro se stoppa, sans comprendre, il la regarda en murmurant doucement d'une voix qu'il voulait calme.

- C'est moi Jen...

Il fit un pas vers la jeune femme puis s'arrêta, continuant de rassurer par ses paroles la jeune directrice qui tremblait dans le lit.

- Je suis Jethro, Jen... Là, c'est moi....

Il fit un autre pas vers le lit et s'accroupit vers Jen avant de poser doucement sa main sur son épaule, prêt à se prendre une gifle... C'est alors que le contraire, à la plus grande surprise de Gibbs, se produisit. Jen se retourna et s'accrocha directement à son agent, enfouissant sa tête dans le cou de celui-ci. L'ancien Marine sentit les larmes de la jeune femme couler le long de sa peau. Il déposa avec douceur ses mains dans le dos de Jen et la serra contre lui. Il lui murmura doucement à l'oreille.

- Je suis là,... shttt, je suis là maintenant...

Il la sentit s'apaiser très légèrement, mais elle continuait à trembler.

Gibbs continua pendant plus d'une heure à murmurer à l'oreille de Jen, caressant son dos en mouvements circulaires, lui embrassant doucement les cheveux sans jamais la relâcher.

-Jen.. Que ce passe-t-il ?

La jeune femme semblait s'être plongée dans un mutisme complet, ne gardant que ses yeux grand ouvert, posés sur Gibbs. Il ne dit rien d'autre, se contentant de la serrer doucement contre lui, la rassurant autant qu'il pouvait...

Chapitre 5.


C'est dans cette position que Jen se rendormit, Gibbs était allongé sur le lit et elle se trouvait recroquevillée contre lui. L'ancien Marine ne bougea pas, laissant sa main droite se nicher doucement au creux des reins de Jen, la rassurant doucement par la même occasion... Il gardait les yeux grand ouvert, incapable de trouver le sommeil. Jen tremblait légèrement contre lui, ce qui l'inquiète encore plus... Doucement, il se dégagea de son emprise et attrapa son téléphone, il allait prévenir le bureau que Jen et lui... seraient absents, quitte à faire jaser au moins la jeune femme pourrait passer quelques jours à se reposer, en sécurité chez lui... si elle restait bien sûr.

L'ancien Marine poussa doucement la porte de la chambre, ne voulant pas réveiller son occupante, il déposa un plateau sur le bord du lit et s'assit près de Jen. Doucement, il la réveilla, sans faire de gestes brusques.

- Bonjour, la belle au bois dormant....

La directrice du NCIS, frêle et fragile, ouvrit peu à peu les yeux, se frottant le visage à la manière d'une enfant. Jethro posa doucement sa main sur la sienne.

- Tu vas mieux ?

Quitte à jouer la carte de l'imbécile qui ne voit rien, il allait le faire... jusqu'à ce qu'elle puisse en parler. Ce qui ne semblait pas forcement immédiat vu que la jeune femme se plongeait peu a peu dans un mutisme total... La seule chose qu'elle faisait depuis qu'il l'avait ramenée chez lui, c'était se raccrocher à lui dans toutes les circonstances...

- Jen.... ?

Le regard vide de la jeune se posa sur le plateau, elle semblait ne pas entendre les paroles de Gibbs... Il continua pourtant à lui parler, lui laissant sa voix comme point d'attache au monde réel.

- Je t'ai pris de quoi manger... Je me suis dis que tu devais avoir faim vu que tu n'as pas touché à ton assiette à midi...

Jen releva soudainement la tête au souvenir de sa fuite, voulant s'excuser elle ouvrit la bouche mais aucun son ne franchit ses lèvres... Confuse, la jeune femme baissa la tête, se concentrant sur le plateau. La couleur ocre lui rappela vivement la couleur du pantalon de Francis... Elle ferma rapidement les yeux, ne voulant pas subir un nouveau flash back... Gibbs remarqua le soudain mal-être de Jen, il déplaca sa main jusqu'au visage de Jen, cette dernière sursauta au contact des doigts de Gibbs. Elle ouvrit de grands yeux gardant le regard fixé sur lui pendant quelques secondes avant de détourner rapidement les yeux après avoir lu de la détermination dans ceux de son ancien amant.

La jeune directrice savait bien que son agent venait de comprendre que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Ne voulant pas croiser son regard à nouveau, elle laissa ses yeux vagabonder au travers de la pièce... La chambre n'avait pas changée depuis la dernière fois où elle était venue... Jen se surprit à repenser à ses ébats avec Jethro... Comment pouvait-elle songer à ça alors qu'elle venait de se faire... agresser...? Elle venait de se dégoûtait elle-même. Soudainement Jen se sentit sale, trahie par les hommes... Et pourtant elle continuait à vouloir sans cesse se jeter dans les bras de Jethro, qu'il la rassure et la protège... Et voila que maintenant, quelques heures après s'être faite agressée, elle pensait à faire l'amour avec lui...

Après le manque d'assurance et de confiance en soi qu'elle ressentait depuis son agression, venait se greffer une baisse de l'estime de soi... Elle se dégoûtait réellement, un sentiment de honte envers elle lui prenait les entrailles et ne la lâchait pas... Jen n'osait plus lever la tête vers son agent, elle se sentait de plus en plus sale. C'est pourquoi, toujours sans le regarder, elle se leva et partit sans mots vers la salle de bain adjacente à la chambre. Gibbs la regarda, médusé il la suivit, il poussa doucement la porte de la salle de bain en murmurant.

- Tu devrais manger, Jen...

Une fois de plus, l'agent spécial butta contre le mutisme de la jeune femme. Cependant il décida que pour le bien de la jeune femme, il allait devoir la pousser à bout, quitte à se prendre des claques ou autres... Il referma doucement la porte de la salle de bain et s'appuya contre, gardant son regard fixé sur la jeune femme qui lui tournait le dos, face au lavabo. Elle n'osait pas le regarder, perturbée par son reflet dans la glace, un dégoût de son reflet, de son corps et tout simplement d'elle grandissait en elle... Ne pouvant fuir, elle fut prise d'une soudaine panique oppressante . Gibbs qui remarqua son trouble, décida d'en profiter coûte que coûte.

- Je ne bougerai pas, tant que tu ne m'auras pas parlé, Jen.

Elle posa enfin son regard sur lui, laissant à Gibbs la possibilité de lire en elle. Ils ne se quittèrent pas du regard pendant près d'une demi-heure. Laissant leurs yeux exprimer une promesse qu'ils étaient incapable de s'avouer de vive voix, un regard qui scellait un pacte que Jethro venait d'engager sans aucun mot... La promesse de protéger Jen quoiqu'il arrive...

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# Posté le mardi 18 septembre 2007 01:32

Modifié le mardi 28 octobre 2008 10:50

Protect Me.


Chapitre 6.


Gibbs finit par laisser la jeune femme prendre sa douche, il sortit de la salle de bain et descendit au salon pour lui préparer un petit déjeuner correct...

Jen ferma la porte de la salle de bain après le départ de Gibbs, elle ne ferma pas le verrou et se tourna vers la glace en se laissant glisser contre la porte, elle posa sa tête sur ses genoux et soupira... La jeune femme allait bien devoir se résoudre à parler, elle ne pourrait rester dans ce mutisme éternellement... Cherchant à se reprendre faiblement, la jeune femme se releva et se glissa dans la cabine pour une longue douche, voulant ôter cette sensation de saleté qu'elle éprouvait a l'égard de son corps...

Après un bon quart d'heure, Jen sortit de la douche et s'enveloppa d'une serviette, c'est alors qu'elle remarqua qu'elle n'avait pas d'affaire pour se changer... Prenant énormément sur elle, elle ouvrit la porte de la salle de bain pour appeler Jethro. C'est alors qu'elle aperçu un sac d'affaire posé sur le lit, Jen s'avança et ouvrit le sac, il était rempli de ses affaires, elle sourit faiblement et murmura.

- Toujours anticiper hein...

Elle prit le sac et partit s'habiller, elle ressortit fraîche et habillée d'un long pantalon noir et d'un haut assez ample mais séduisant, la jeune femme descendit au salon ou elle retrouva un Gibbs appuyé contre la table de la cuisine, débordante de bonne nourriture. Jen esquissa un sourire et s'approcha près de son agent, ce dernier murmura pour ne pas l'apeurer.

- Je t'ai préparé tout ce que tu aimes parce que je n'arrivais pas à choisir...

La jeune femme acquiesça et le gratifia d'un mini sourire en signe de remerciement, elle s'installa sur un des tabourets du bar américain et piocha ici et là un peu de nourriture, Gibbs lui servit une tasse de café et prit la sienne avant de s'installer près de la jeune femme. L'agent spécial regarda durant plusieurs minutes la jeune et frêle directrice avaler des tartines beurrées recouvertes de confiture à la fraise, il sourit doucement alors que la jeune femme, repue, reposa la tartine sur le plateau. Elle avala son café puis se tourna vers son agent. Les deux anciens amants se regardèrent sans mots pendant quelques minutes avant que Gibbs ne se décide à murmurer.

- Jen, je pense qu'il faudrait qu'on parle tout les deux...

L'intéressée tressaillit au son de sa voix. Elle savait qu'elle n'avait aucun moyen de fuite et que Gibbs n'allait pas la laisser tant qu'il ne saurait pas la vérité. Bien qu'elle se soit murée dans le silence, avec lui, elle se sentait en sécurité. La jeune femme pencha la tête en avant, ferma doucement les yeux et ouvrit la bouche avant de la refermer rapidement. Elle répéta le manège plusieurs fois avant de relever la tête et de regarder Gibbs droit dans les yeux. Jen se leva et attrapa une bouteille de bourbon, elle dévissa le bouchon et avala directement une gorgée au goulot. Elle se tourna alors vers Gibbs et murmura.

- On devrait aller travailler...
- Ne cherche pas à fuir, Jenny.

La rouquine s'appuya contre le bar, face à son interlocuteur et murmura après avoir avalé une autre gorgée de bourbon.

- Je... j'ai besoin de rester seule, Jethro !

L'agent spécial regarda longuement sa jeune directrice et finit par céder.

- Je vais aller chercher quelques dossiers au bureau pour travailler à la maison. Je reviens dans une demi heure, ça te va ?

Jen acquiesça d'un signe de tête et regarda l'ancien Marine quitter la maison, incertain sur le fait de laisser Jen seule. Elle glissa le long du mur, en vidant d'une traite la bouteille de bourbon, ramenant ses genoux contre sa poitrine laissant les effets de l'alcool la submerger.

C'est une Jenny Shepard ivre et allongée en plein milieu de sa cuisine que retrouva Jethro. Il ouvrit la porte et lâcha les dossiers en voyant la jeune femme allongée dans une position peu commune sur son carrelage. Il se précipita pour la prendre dans ses bras et remarqua alors la bouteille de bourbon vide.

- Jen ?

La jeune femme releva la tête vers lui et fut soudain obnubilée par les lèvres de son ancien amant. Elle décrocha totalement et resta fixée sur ces lèvres qui remuaient doucement devant elle. Après un moment qui lui parut une éternité, elle s'approcha et captura ses lèvres pour un long baiser. Jethro ne réagit pas immédiatement, stupéfait par les actes de la jeune femme qui l'attirait encore plus à elle. Il finit par mêler son souffle au sien prolongeant leur baiser, caressant sa langue dans un doux ballet avant de s'écarter doucement en sentant le goût amer du bourbon et murmura.

- Non, Jen, ce n'est pas une bonne idée...

La jeune femme reçu comme un coup en plein c½ur. Elle s'énerva et continua à vouloir l'embrasser, totalement saoule avant d'hurler dans toute la maison après un nouveau refus de la part de son agent.

- Je ne te fais pas envie c'est ça ?

Gibbs la fixa de son regard bleu en silence. La jeune femme continua sur sa lancée sans se rendre vraiment compte de ce qu'elle était en train de dire.

- T'as pas envie de moi ? Pourquoi ?!
- Jen....
- Lui.... Francis, il a pas eu besoin que je sois d'accord !

L'agent spécial se figea immédiatement et posa son regard inquisiteur sur la rouquine. Celle-ci ne se rendit pas compte du changement qui s'opérait chez son ancien amant et continua.

- Avec Francis, j'étais pas d'accord... Il m'a....

C'est alors que la jeune femme s'effondra sur elle même et murmura à demi-mot, aidée par l'alcool.

- Il m'a... violée...

Elle se recroquevilla sur le sol en position foetale, répétant inlassablement ce qu'elle venait d'avouer à demi-mot, alors que Gibbs ne savait s'il devait la prendre dans ses bras ou éviter de la toucher.

Chapitre 7.


Jen se leva soudainement et s'enfuit en courant vers la salle de bain, elle ferma le verrou avant que Gibbs n'arrive et fit couler un long bain d'eau chaude. Une fois la baignoire remplie, elle ôta ses vêtements et se glissa dans l'eau en laissant les larmes ravager peu à peu son visage. La jeune femme s'allongea complètement et plongea sa tête sous l'eau, là elle pouvait réfléchir tranquillement en oubliant le reste du monde, l'eau l'avait toujours apaisée. En manque d'air, elle remonta à la surface et emplit ses poumons d'oxygène. Les larmes se mêlaient à l'eau du bain et l'instant précédent la frappa de plein fouet. Elle s'était montrée faible devant Gibbs, elle sentait l'avoir déçu ...

Qui voudrait d'une femme violée ? Qui voudrait d'une femme bafouée ? Elle faisait pitié, Jennyfer Shepard faisait pitié... Oui c'est ça, exactement ça.. Si Gibbs s'occupait d'elle, ce n'était que par pitié !

De rage, Jenny se saisit d'une plaquette de médicament posée non loin de là et la garda quelques temps au creux de sa main. Ses yeux restaient obstinément fixés sur le nom du médicament. Faisant le vide dans sa tête, Jen prit doucement la bouteille de bourbon qu'elle avait chipée au passage. Elle avala la plaquette entière et vida presque d'une traite la bouteille de bourbon. Jen ferma les yeux, posa sa tête sur le rebord de la baignoire et se laissa aller doucement...

Jethro, qui l'avait regardé partir sans réagir, s'était assis après à même le sol, enregistrant méthodiquement chaque information que Jen lui avait délivrées. Un mauvais pressentiment lui envahi les tripes et son estomac se noua en une boule de stress. L'ancien Marines se redressa soudainement et partit en courant vers l'escalier qu'avait emprunté Jen une demi-heure auparavant.

Il arriva rapidement devant la porte de la salle de bain. Celle-ci était fermée et Jen ne répondait pas à ses appels. Après quelques secondes de réflexion, il enfonça la porte d'un grand coup d'épaule. La vision qui s'en suivit le bloqua littéralement, Jen était dans un bain moussant, sa tête était renversée et reposait sur le rebord de la baignoire. La première chose qui parvint au yeux de Gibbs fut la blancheur extrême du visage de Jen, puis la bouteille de bourbon vide et la plaquette de médicament jetée non loin de là. L'ancien Marine se reprit et s'approcha rapidement. Son coeur battant la chamade dans sa poitrine, il essayait de rester calme et de ne pas paniquer... en vain.

- Jen ?

Jethro plongea ses bras dans l'eau et les passa sous le corps de la jeune femme. Il la souleva rapidement, restant interdit devant la froideur de son corps. Il vérifia rapidement son pouls et, après avoir enveloppée la jeune femme dans un peignoir, partit en direction de l'hôpital le plus proche en roulant à vive allure.

***


Leroy Jethro Gibbs faisait les cents pas dans la salle d'attente. Les médecins avaient immédiatement emmené la jeune femme et cela faisait maintenant trois heures qu'il attendait en essayant de se persuader que tout allait bien...

Une jeune femme, médecin, pénétra dans la salle et toussota pour signaler sa présence. Jethro se retourna directement et plongea son regard d'acier dans les yeux fatigués du médecin.

- Bonjour, je suis le docteur M...
- Je me fiche de savoir qui vous êtes, comment va-t-elle ?

La jeune femme soupira doucement et comprit immédiatement que cela n'allait servir à rien de cacher la vérité à cet homme...

- Elle est dans un état stationnaire. Nous lui avons fait un lavage d'estomac et on l'a placée sous perfusion. Vous savez pourquoi elle a tenté de se suicider ?

Jethro ferma les yeux, passa une main sur son visage et répondit méchamment.

- Elle a des problème dans son travail !
- Bon, je ne suis pas psy mais je pense que le mieux pour elle serait que vous l'obligiez à faire une pause et vous pourriez l'emmener dans un lieu où elle se sent bien...
- Euh, je veux bien, mais où ?
- Et bien ça peut être le lieu de votre première rencontre, la ville où vous vous êtes mariés, si ce n'est pas ici ou simplement...
- On n'est pas mariés...
- Ah... Donc je vous ferai signer les papiers.. Bon, euh.. Vous pouvez aussi l'emmener en croisière là où vous serez sûr qu'elle se reposera et fera le vide dans sa tête...
- Je vais y réfléchir... je... je peux la voir ?
- Attendez demain, elle est dans la chambre 208. Pardonnez-moi, je dois vous laissez, j'ai un patient qui m'attend pour une opération...

***


Jethro poussa doucement la porte de la chambre, se préparant à voir Jen allongée et pale. La porte s'ouvrit entièrement et il resta immobile. Jen était en position assise, s'occupant à passer de chaîne en chaîne en essayant de ne pas s'énerver sur la télécommande. Elle tourna vivement la tête vers lui et soupira.

- Il y a vraiment rien à la télé... vraiment !

L'agent spécial soupira à son tour et murmura.

- Je m'en contre fiche, Jen !

Elle le fixa quelque temps avant d'éteindre la télévision, comprenant rapidement qu'il n'était pas là pour papoter sur le programme télé... Elle se redressa dans le lit et tapota près de ses pieds, l'incitant à venir près d'elle. Il s'exécuta et la fixa alors qu'elle prenait la parole.

- Ecoute, je sais, j'ai merdé... J'ai fait une connerie...
- Tu as tenté de te suicider, Jen !
- Ok, une grosse connerie... et alors, ça change quoi ? Je ne suis pas si utile que ça ici, vous pouvez très bien vous passer de moi !
- Eux peut-être.. mais pas moi Jen...

Ils se regardèrent en silence. La jeune femme sursauta lorsqu'un jeune interne fit irruption dans la pièce.

- Euh... Pardonnez-moi de cette intrusion...
- Ce n'est rien... Vous venez pour m'annoncer que je n'ai pas le droit de sortir avant des jours ?
- Euh, ben non justement.. Votre mari a signé les papiers de prises en charges, vous pouvez sortir...
- Mon mari ?

La jeune femme fronça les sourcils et tourna vivement la tête vers Gibbs. Celui-ci lui sourit doucement et, après un temps de réflexion, elle posa sa main sur sa joue et chuchota.

- T'es un ange mon amour !

La lueur qui passa dans les yeux de Gibbs à ce moment resta inexplicable pour Jen. L'interne s'éclipsa rapidement et Jethro murmura.

- Prépare-toi. On passe chez toi prendre des affaires et on part...
- Tu m'emmènes où ?
- Tu verras !

Il l'aida à se lever et à rassembler ses affaires avant de quitter l'hôpital en gardant un regard bienveillant sur elle.
Leroy Jethro Gibbs se dirigea vers la maison de sa supérieure en songeant à la belle maison qu'il avait louée en France...

Direction : Marseille..

Chapitre 8.


Les faibles lueurs du jour commençaient à percer à travers les rideaux de sa chambre, Jen s'éveilla péniblement, se demandant l'espace d'un instant où elle se trouvait. La nuit qu'elle venait de passer était la première depuis des semaines où elle n'avait pas fait de cauchemars ou vécu à nouveau en rêve ce qui s'était passé...
La jeune femme se demanda soudain où elle se trouvait et comprit rapidement qu'elle n'était pas chez elle. Tout lui revint peu à peu en mémoire. Elle se rendit compte qu'elle était en France, mais où exactement ? La réponse à cette question lui était encore inconnue. Gibbs avait tout mis en ½uvre pour qu'elle ne le découvre pas. Jen n'avait pas eu le courage de protester et avait laisser l'ancien Marine l'emmener dans une maison française, elle s'était endormie. Elle n'avait donc rien vu de la maison...
La porte s'ouvrit doucement et la jeune femme sursauta avant de se recroqueviller instinctivement sur elle-même. L'agent Gibbs passa la tête dans l'encadrement de la porte, et Jen, en le reconnaissant, se détendit presque immédiatement. C'est ce qui semblait le plus étrange , la confiance inexplicable qu'elle lui accordait. L'ancien Marine s'approcha doucement et déposa un plateau garni sur le lit. Il sourit simplement avant de murmurer :

- Bonjour toi...
- B'jour

La jeune femme restait encore quelque peu muette à son réveil depuis l'agression. Aayant encore souvent du mal à faire la distinction entre ses cauchemars et la réalité. Cependant ce matin tout allait pour le mieux, le seul rêve qu'elle avait fait cette nuit portait sur elle et Jethro à Paris. Jenny sourit soudainement, Leroy Jethro Gibbs se tenait en face d'elle, un plateau déposé sur le bout du lit. Son regard s'attarda sur la rose blanche déposée dans un simple verre d'eau, elle s'étonna de voir que Gibbs se souvenait encore de ses roses favorite.

- Je ne me souvenais pas avoir commandé un room service...
- Ah bon ? Pourtant il est écrit sur la note du chef que madame rêvait depuis des semaines d'un petit-déjeuner au lit...
- Cynthia... ?
- Comment t'as deviné ?
- C'est la seule à savoir ce dont je rêve...

Ils se sourirent puis Jen s'attaqua aux tartines alors que Gibbs buvait tranquillement son café...
Une heure plus tard, la jeune femme sortit de la salle de bain, fraîche et habillée. C'est alors qu'elle se décida à poser la question qui lui trottait dans la tête depuis son réveil.

- Dis moi, où sommes-nous ?
- Quelque part sur terre...
- Jethro... tu n'es vraiment pas drôle quand tu fais ça !
- Bon, mets tes chaussures, je t'emmène faire un tour...

La jeune femme s'exécuta et s'empara du bras de l'ancien Marine avant de sortir de la maison.

***


Les coques des bateaux s'entrechoquaient légèrement, berçant ainsi l'atmosphère du vieux port . Les deux compères s'étaient promenés toute la journée et la nuit tombait lentement sur la ville Française. Jen se rapprocha doucement de Gibbs et soupira de contentement. Son ancien amant avait loué la maison dont elle était tombée amoureuse huit ans auparavant, la jolie maison jaune en face du vieux port... Elle n'avait jamais eu l'occasion de la visiter mais avait toujours, durant leur relation, expliqué à son supérieur qu'elle adorait cette maison et qu'elle essaierait d'y revenir plus tard...
...Évidement, son travail était passé avant tout et Jen n'avait jamais eu l'occasion de venir se reposer quelques jours dans cette vieille maison bordée de ses plantes dont elle n'avait jamais réussi à retenir le nom.
Ce que son ancien amant venait de faire, était la réalisation d'un vieux rêve de jeune fille, éperdument amoureuse de son Marine de patron et qui émettait des souhaits à tout va sans jamais penser que huit ans plus tard ce futur ex amant allait les réaliser pour elle...

- Et... Je peux savoir où tu m'emmènes ?
- Mystère...
- Jethro !
- Tu te souviens du marché sur le vieux port ?
- Le marché de nuit ou nous avions acheté ma nuisette ?

L'ancien Marine acquiesça d'un signe de tête et sourit à la jeune femme.

- Voilà votre destination, chère directrice.
- Oh, en dehors du travail vous pouvez m'appeler Jen, mon cher...
- Je croyais qu'il n'y avait pas d'en dehors du travail...
- Eh bien, il faut croire que les temps changent...

Ils se sourirent alors que Jen laissa sa main glisser dans celle de son ancien amant, totalement confiante et rassurée près de lui. L'agent spécial resserra doucement la main de la rouquine et caressa instinctivement le dos de sa main du pouce.

***


Flânant entre les différents étals, la directrice du NCIS frissonna quand le mistral se leva. Elle sentit instantanément son agent déposer sa veste sur ses épaules dénudées. Jen esquissa un sourire et se tourna vers Gibbs.

- Merci, mais ce n'était pas nécessaire...
- On va rentrer.
- Pourquoi ?
- Tu as froid...
- Jethro, on ne va pas rentrer et gâcher cette si belle soirée simplement parce que je frissonne un peu ! Allez viens, on va au restaurant, j'ai envie de passer une soirée avec toi... comme avant...

L'ancien Marine se stoppa et fixa la directrice sans mots, venait-elle de faire allusion à leur passé commun et les soirées restaurant qui se terminaient en galipettes près du port ou voulait-elle simplement dîner avec un ami en toute impunité ?
Il secoua la tête et sourit simplement avant de répondre :

- Où veux-tu aller? Attention, c'est moi qui paie...
- Super, je peux choisir un resto hors de prix alors...
- Attention, je peux très bien faire passer ça sur le budget du NCIS...
- Tu n'as pas le droit !
- Ah bon ?

Ils rigolèrent et Gibbs posa doucement sa main sur la hanche de la jeune femme, celle-ci sursauta avant de soupirer et se serrer contre son agent. Elle l'attira soudainement dans une ruelle peu fréquentée et murmura en enfouissant la tête dans son cou :

- J'en ai assez, Jethro...

Il la laissa continuer, ne voulant pas la couper dans sa lancée... Et puis, à vrai dire, il ne savait pas du tout quoi lui répondre...

- Ça fait maintenant un mois... Un mois qu'il m'a agressée... et je continue à sursauter, me retourner au moindre bruit dans la maison, vérifier constamment si la porte est verrouillée quand tu n'es pas la... J'en peux plus...

Jethro resserra ses bras autour du corps de la jeune femme et se laissa aller à embrasser son front. Jen ne broncha pas à ce geste de tendresse. Elle était pleinement confiante avec son ancien amant et il était le seul autoriser aux gestes tendres ou à la voir vulnérable et endormie. La jeune femme releva la tête d'un seul coup, elle venait de réaliser, Gibbs est le seul. Il est le seul à qui elle faisait confiance, le seul avec qui elle était capable de sourire ou de rigoler pour des âneries auxquelles elle ne serait jamais capable de rire seule et sur la défensive. Il est le seul qu'elle aime, et ça Jen venait de s'en rendre compte, ou plutôt de se l'avouer pour de bon.
Prenant son courage à deux mains, Jen planta son regard dans celui de Gibbs et captura doucement ses lèvres, Gibbs d'abord surpris par ce geste répondit à son baiser. Jen ferma fortement les yeux, se concentrant sur les lèvres de Gibbs, sur son souffle chaud, seulement son esprit ramena bien vite les images de Francis qui la brusquait et qui s'emparait de ses lèvres sans amour, elle se recula d'un geste brusque et baissa la tête en murmurant à voix basse.
- Je... Je ne peux pas, c'est... c'est trop dur !

Elle releva la tête, en larme et osa à peine regarder Gibbs, celui-ci posa doucement sa main sous le menton de la jeune femme et l'obligea à le regarder, avant de murmurer d'une voix douce.

- Tu regrettes ton geste ?
- Non.

Jen avait répondu sans hésiter, Gibbs sourit doucement et l'enveloppa d'un regard chaud avant de murmurer.

- Alors on prendra tout le temps qu'il te faut...

Jen dut cligner des yeux deux ou trois fois pour réaliser ce que Gibbs venait de dire. Etait-elle en train de rêver encore une fois ou était-ce la réalité ? Voyant Gibbs enlacer leur doigts, elle eut un soupir de satisfaction avant de se reprendre bien vite et de demander d'une voix chevrotante sous l'émotion.

- Mais... Tu ne vas pas t'échapper parce que je ne suis pas prête à faire l'a...
- Non Jen... Je veux que tu mettes tout de suite ça au clair dans ta tête. Je ne suis pas Francis - la jeune femme tressaillit à ce nom - et je ne le serai jamais. Si je te dis que j'attendrai, c'est que je suis prêt à attendre. Je suis prêt à t'attendre et je suis prêt à nous donner une seconde chance...

Jen resta figée par cette révélation. Gibbs venait d'en avouer plus sur ces sentiments que ce qu'il n'avait pu faire en un an pendant leur relation. Une larme solitaire roula sur la joue de la jeune femme. Gibbs inquiet de voir Jen pleurer ainsi, demanda d'une petite voix.

- Tu ne m'aimes pas et t'as pitié, c'est pour ça que tu pleures ?

Jen éclata soudainement de rire. Oui, en plein milieu de cette petite ruelle marseillaise, la jeune femme qui venait de traverser un mois de dépression à cause de son agression éclata de rire. Gibbs sourit doucement, fier de sa bêtise. Jen le regarda longuement en souriant et posa doucement sa main sur la joue mal rasée de l'homme qu'elle aimait.

- Bien sûr que non.. Si je pleure c'est des larmes de joies, gros bêta !
- Eh !

Ils sourirent tous les deux et s'en allèrent main dans la main vers le vieux port, c'est alors qu'avant de rentrer dans le restaurant, Jen murmura.

- Comme quoi, Marseille représente beaucoup pour nous. Ce n'est peut-être pas Paris la ville de l'amour en fait...

Ils sourirent et entrèrent dans le restaurant alors que le téléphone de Gibbs émit une sonnerie habituelle...

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# Posté le samedi 22 septembre 2007 06:52

Modifié le mardi 28 octobre 2008 10:16



Un mois plus tard :


Gardant les yeux fixés sur le plafond, Jethro écarta la couverture sur le côté. Dieu qu'il faisait chaud en cette partie de l'année à Marseille !
Repensant à tous les événements qui s'étaient déroulés depuis plus d'un mois, il se mit à sourire. Un avenir plus joyeux se dessinait à l'horizon, depuis que l'agresseur de Jen était en prison. Enfin, celui-ci avait du être arrêté pour un simple excès de vitesse, mais quand les policiers s'étaient rendu compte qu'il correspondait au portrait robot que Jen avait réussi à faire avec l'aide d'Abby, ils l'avaient directement emmené au poste. Francis Weir devait être transféré au FBI, et Fornell avait assuré à l'ancien Marien qu'il s'occuperait personnellement du cas de l'agresseur de Jen... Le transfert devait être effectué par les autorités locales, le Fbi n'ayant pas assez d'hommes disponibles pour s'en occuper eux même. Mais on pouvait déjà oser espérer que le futur proche de Francis n'allait pas être superbe... Et espérer qu'il en bave n'était rien comparé à ce qu'il avait fait subir à la jeune rouquine !
Jethro se remémora le coup de téléphone qu'il avait reçu lors de leur fameuse soirée au restaurant, Tobias l'avait contacté pour lui indiquer que Francis devait être transféré à l'agence très bientôt. Seulement, les autorités n'avaient pas pris le temps de s'occuper de cette affaire et le transfert avait pris un peu plus d'un mois. L'arrivée de Francis dans les locaux du FBI était donc maintenant prévue pour le lendemain.
Un grand nombre de personnes s'étaient regroupées en entendant parler de l'affaire : le FBI, les services secrets, l'agence entière du NCIS bien sur, la secrétaire d'état, le président Bush et sa secrétaire et une armada d'autre personne avait signé une sorte de livre d'or où ils exprimaient leur soutien le plus profond à la jeune femme. Jen était d'abord restée interdite, elle ne pensait pas que cette affaire allait être connue par tant de personnes et s'était sentie encore plus bafouée. Seulement devant tant d'attention pour elle, elle avait finit par sourire et avait chaleureusement remercié les personnes qui lui étaient les plus proches en leur adressant une lettre différente à chacun.
Jethro sourit à nouveau. Heureusement il avait demandé aux médecins, lors de la tentative de suicide de Jen, de faire un rapport sur les traces de violences et un prélèvement de sperme s'il y en avait. Il savait que cela allait être dur pour la jeune femme, mais il était maintenant fier de ses actes sachant qu'ils allaient permettre de juger correctement ce mystérieux Francis... Le procès était fixé pour le mois prochain et l'ancien Marine redoutait ce moment pour le mental de Jen.
Gibbs esquissa un nouveau sourire, la jeune femme et lui s'étaient rapprochés depuis qu'elle l'avait embrassé, ils avaient engagés le dialogue beaucoup plus facilement, préférant les mots aux gestes, et un « nous » était déjà employé dans leur vocabulaire.
Jenny avait fait d'énorme progrès sur la vie quotidienne. Il fallait dire aussi que l'ancien Marine était prévenant, tendre et extrêmement patient vis-à-vis d'elle.
C'est même lui qui avait proposé de ne pas partager le même lit immédiatement, le temps que
Jen soit sure d'elle. Et puis, ils devaient rentrer aux Etats-Unis très bientôt, demain en fait. Après tout, depuis leur départ, l'agence était dirigée par Tony et il appréhendait le résultat...
Souriant pour la énième fois seul dans son lit, il sursauta soudainement et tendit la main vers son arme par pu réflexe : un cri venait de retentir dans toute la maison et il provenait de la chambre de Jen. Sans attendre, il se rua hors du lit et se précipita vers la pièce adjacente, ouvrant la porte à la volée, et vit Jen recroquevillée au beau milieu de son lit, couverte de sueurs et bloquée dans ses draps. Il s'approcha d'elle et posa doucement une main sur son épaule.

- Mon ange, c'est moi...

Elle se débattit quelques instants avec ses draps avant de se jeter dans les bras de l'homme qu'elle aimait... Tremblante et apeurée, Jen se laissa bercée par la voix et l'odeur rassurante de Gibbs.

- Ce n'est rien... C'était un cauchemar c'est ça ?

Elle acquiesça en silence, il poursuivit d'une voix douce.

- Je suis la maintenant ma chérie, ça va aller...

Continuant à lui murmurer des mots doux au creux de l'oreille, Jethro esquissa un mouvement apaisant, berçant légèrement la jeune femme pour la réconforter. Celle-ci se calma bien rapidement, rassurée par l'odeur enivrante et la voix chaude de l'ancien Marine. Se repassant les quelques instants précédents en mémoire, elle esquissa un sourire. Jethro était arrivé immédiatement et avait volé à son secours.
Se revoyant, l'espace d'un instant, petite, Jen sourit de plus belle. Dans ses rêves d'enfants, son prince charmant n'était pas comme ça : il était grand, blond aux cheveux longs et avec deux yeux noirs de jais et volait à son secours sur son cheval blanc ?
Bon, elle devait bien avouer que ce n'était que des rêves de gamines, mais à cet instant précis, Jenny comprit.
Elle comprit, que c'était lui son prince charmant, peut être pas grand aux cheveux long mais sa coupe version Marine le rendait terriblement sexy. Il n'était pas carré comme dans ses rêves, juste bien en muscles et inspirant un grand respect à partir d'un simple regard. Il n'avait peut être pas de cheval blanc mais savait monter à cheval et cachait un bateau dans sa cave. Et ses yeux n'étaient pas noirs mais d'un bleu terriblement envoûtant.
Non, Jen n'imaginait définitivement pas son prince charmant et preux chevalier ainsi, mais elle devait bien s'avouer que Leroy Jethro Gibbs était SON prince charmant et SON preux chevalier.
Il était le seul homme qui volait à son secours en toutes circonstances, il était le seul homme pour qui elle nourrissait autant de sentiments. Leroy Jethro Gibbs était le seul capable d'aimer et de comprendre la jeune femme à son juste titre...
Elle sortit de ses réflexions lorsqu'elle remarqua que le preux chevalier en question attendait apparemment une réponse à sa question précédente. Maintenant totalement rassurée, elle posa une main sur sa joue et demanda d'une petite voix.

- Oh... Pardon, tu disais ?
- Est-ce que tu veux quelque chose ?

Il sourit et inclina la tête vers sa main, l'invitant à caresser son visage comme elle le faisait si souvent. Jenny passa sa main sur la joue rugueuse de son amant et murmura.

- Est-ce que... Je peux venir dormir avec toi ?

Il sourit et acquiesça d'un signe de tête, heureux de ce nouveau pas en avant dans leur relation. Passant ses mains sous la jeune femme, il la souleva telle une jeune mariée, et se dirigea vers sa chambre. Jenny s'accrocha d'abord à son cou et finit par rigoler doucement.

- Jethro, ce n'est pas sérieux, ton genou te fait souffrir.

Il esquissa un sourire et répondit simplement :

- Il survivra, ne t'inquiète pas pour lui.
- Bien sûr que je m'inquiète ! En ne sait jamais tu pourrais encore en avoir besoin. Murmura t elle, malicieuse
Elle rigola à nouveau alors que l'ancien Marine la déposait sur le lit et se redressait.

- Madame est arrivée à destination...

Roulant sur le côté droit du lit, elle s'enfouit sous le simple drap et tapota la place près d'elle, demandant d'un signe de tête à Gibbs de venir la rejoindre. S'allongeant à la place indiquée, Jethro tendit les bras, invitant ainsi la jeune femme à venir se blottir contre lui. Celle-ci s'exécuta et se détendit immédiatement en sentant ses bras musclés se resserrer autour d'elle. Elle posa sa tête sur son épaule et se laissa bercer par les battements de c½ur plus ou moins régulier de l'homme qu'elle aimait.
Cela faisait des années que Jenny ne s'était pas sentie aussi bien, le monde pourrait s'écrouler autour d'elle, elle ne bougerait pas, ces deux bras puissant formaient, à ses yeux, comme une barrière avec le monde extérieur, et là ou elle était elle avait le sentiment que plus rien ne pourrait l'atteindre.

***


Jenny le regardait dormir depuis déjà un petit bout de temps. Elle avait réussi à se rendormir rapidement, rassurée dans les bras de son amant. La jeune femme s'était éveillée aux lueurs du jour et s'était étonnée de voir que son amant dormait encore. Voulant lui laisser un peu de répit, elle se contentait de le regarder depuis son réveil.
Allongée sur le ventre, le menton posé sur les mains, elle le regardait dormir et admirait son corps parfait...
Son torse était encore parfaitement musclé et elle pouvait suivre des yeux les contours de ses muscles saillants. Son visage paraissait si serein qu'il en était apaisant... C'était la première fois depuis des années que Jen pouvait le voir aussi calme et reposé. Elle suivit les contours de son visage et esquissa un sourire : il n'était peut être plus tout jeune mais restait terriblement attirant...
Deux yeux azur vinrent rencontrer les siens, et Jethro esquissa un sourire alors qu'aucun mot n'était prononcé. Ils profitaient de la magie du moment avant de devoir s'élancer dans les courses folles de leur journée. Les deux amants devaient rentrer aux Etats-Unis aujourd'hui et Jen redoutait l'état dans lequel elle allait récupérer son agence.
La jeune femme avait trouvé une lettre, dans les affaires de son compagnon, qui indiquait que Francis avait été arrêté. Elle frissonna au fait de repenser à cet homme, lui qui avait faillit briser sa vie. Jenny savait que son pays était pour la rédemption, et que par conséquent Francis Weir risquait de purger sa peine –dans le cas où les avocats qu'elle avait engagés parviendraient à gagner le procès et qu'il soit jugé correctement – avant d'être libéré pour bonne conduite et de recommencer ses méfaits dans un autre Etat sur une autre femme... Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas penser à son agresseur maintenant.
Jethro qui se doutait de ce qui se tramait dans la tête de la femme qu'il aimait leva la main et caressa du bout des doigts la joue de la rouquine.

- A quoi tu penses ?
- A lui...
- Et c'est mauvais ?
- Je crois...

Ils n'avaient pas besoin de plus de mots, se comprenant parfaitement ainsi. Un simple silence s'installa entre eux, Jethro savait que c'était dur pour elle de repenser à cet homme et Jen savait que son homme se faisait du souci pour elle...
Prenant son courage à deux mains, la jeune femme demanda d'une petite voix.

- Jethro, est ce qu'on pourrait... est ce qu'on pourrait essayer ?

***


La jeune femme allongée au-dessus de lui, il déposait de doux baiser dans son cou, flattant ses courbes de ses mains en même temps. Ils prenaient leur temps, - Gibbs ne voulait pas brusquer la jeune femme – et désiraient profiter de leur « première fois ».
Jen enleva la chemise de son amant et embrassa son torse avec un soupir de satisfaction. Elle sentait contre son ventre les muscles de l'ancien Marine, toujours présents malgré les années. Quel plaisir de sentir à nouveau sa peau frémir sous la sienne....
Une sonnerie stridente les interrompit alors que Gibbs grognait de mécontentement, celui qui le dérangeait en ce moment précis avait intérêt à avoir une bonne raison !
Tendant la main vers l'élément perturbateur il décrocha alors que Jen continuait sa douce torture.

- Gibbs !
- .....

Il se redressa soudainement dans le lit, bousculant Jen pour s'asseoir correctement, écoutant soudainement avec attention ce que son interlocuteur avait à dire, blêmissant au fil des paroles. Il finit par raccrocher et regarda Jen d'un air inquiet. Celle-ci, alarmée par la conduite de son compagnon, demanda d'une petite voix :

- Qu'est ce qu'il se passe ?
- Il s'est échappé...

Elle pâlit à son tour, Jethro n'avait pas besoin de lui préciser de qui il parlait, elle l'avait tout de suite comprit... Elle s'assit correctement dans le lit et attendit la suite, elle voyait au regard de Gibbs qu'il n'avait pas tout dit... Celui-ci reprit en effet, quelques secondes après.

- Il a tué les deux policiers qui l'encadraient...

Il omettait d'en dire une partie, mais c'était pour le bien de la jeune femme. Car Francis avait juré de la retrouver et de terminer ce qu'il avait commencé, mais Jethro ne tenait pas à le dire à sa maîtresse maintenant.
Jen se mit à trembler alors que Gibbs la serrait contre lui, Francis serait capable des pires atrocités pour parvenir à ses fins... L'avenir ne s'annonçait pas si meilleur que ça finalement...
Sentant qu'elle tremblait, Jethro la berça doucement, comme à son habitude quand ça n'allait pas... Après un petit moment de silence, il murmura à l'oreille de la jeune femme :

- Il ne te touchera plus, je te le promets...

Promettre était un bien grand mot en vocabulaire Gibbsien, et Jen savait que Gibbs ne promettait rien au hasard et que quand il le faisait, il tenait parole... Seulement elle ne pouvait s'empêcher de frissonner, Francis serait capable de n'importe quoi pour lui faire du mal... Elle releva la tête, sonda le regard de Gibbs et murmura d'une voix chevrotante

- Et parce qu'il est dans la nature, tu vas refuser de me faire l'amour ?

Elle se haïssait en cet instant ! Comment pouvait elle penser à faire l'amour alors que l'homme qui l'avait violée était de retour dans la nature ?! Elle se dégoûtait elle-même mais ressentait pourtant ce besoin d'être aimée par Jethro... Celui-ci n'en menait pas large d'ailleurs, il regardait la jeune femme en essayant de comprendre si elle se moquait ou était sincère, et apparemment, c'était la deuxième proposition... Après un long silence, l'ancien Marine répondit :

- Non...

Il savait... Il savait que cette réponse pourrait lui coûter cher, leur coûter cher, mais Jen semblait prête et déterminée, de plus il se doutait qu'elle devait avoir « besoin » de ça... Il ne pouvait pas le lui expliquer, mais il s'était renseigné sur les femmes après un viol, avait beaucoup lu, écouté ou parcouru des témoignages qui se ressemblaient tous étrangement sur certain points. Il s'était ensuite renseigné auprès de médecin et autres... Il savait donc à peu près comment réagir à chaque demande de la jeune femme, et ça l'aidait bien... Surtout en cet instant.


Chapitre 10.


- Boss ! Ravi de vous revoir...

Tony sourit, il devait bien avouer qu'ils lui avaient manqués, diriger une agence comme ça alors qu'il avait du mal avec une simple équipe n'était pas de tout repos, et il devait bien s'avouer heureux de retrouver Gibbs et Jen. Cette dernière paraissait d'ailleurs étrangement sereine... Tony se demanda l'espace d'un instant si Gibbs lui avait annoncé que son agresseur était de retour dans la nature mais se garda bien de poser la question. Il remarqua alors, après un long moment il devait bien admettre, que Jen tenait amoureusement la main de Gibbs et que celui-ci ne semblait pas du tout dérangé par cet acte... Là vraiment, Tony regretta que Ziva ne soit pas là pour lui en coller une, il devait certainement avoir la mâchoire qui touchait le sol à force de la garder grande ouverte en fixant leurs mains.

- Tony, si mon agence a coulée, je te fais pendre sur l'entrée principale avec un écriteau accroché sur toi indiquant que ceux qui le veulent peuvent te frapper !

Là, il avait de quoi rester scotché... Jen était... Redevenue la Jen « d'avant », elle riait, était habillée simplement et le haut de son chemisier était même entrouvert. Quand à Gibbs, il rigolait à cette idée... A croire que la rouquine n'avait jamais subit d'agression et que son boss était capable de rire à n'importe quelle plaisanterie ! Décidément, Tony aurait bien besoin que Ziva s'occupe de son cas !
Le jeune Italien ne chercha pas à en savoir plus, un changement évident se notait chez ses patrons. Cependant, il n'avait pas besoin d'un certificat d'agent spécial pour voir que Jen ne s'éloignait tout de même pas de Gibbs et que ce dernier restait aux aguets...

- Non l'agence n'as pas coulée, rassure-toi ! Mais ta secrétaire risque de partir en dépression...
- Cynthia ?? Qu'est ce que vous lui avez encore fait ?
- Elle a juste dit regretter Gibbs et ses claquements de portes... Et... Tu lui manques beaucoup !

L'intéressée sourit avant de saisir leurs bagages et de les lâcher au pied de Tony, c'était maintenant certain, le boulot reprenait !

***


- Alors comme ça je vous manque, Cynthia ? Déclara Jen en entrant dans le bureau de sa secrétaire
- Atrocement... MADAME ???

La jeune secrétaire se retint difficilement de sauter sur sa patronne, c'était bon de la revoir, elle avait du résister à l'envie de tuer l'agent DiNozzo pendant son absence ! Détaillant sa patronne, elle remarqua instantanément que celle-ci était beaucoup plus posée et semblait... libérée. Pas de doute, l'agent Gibbs s'était bien occupé d'elle.

- Vous m'avez manquée, madame...
- Vous m'avez manquée aussi, Cynthia.
- Et moi je manquais à la porte !

Les deux femmes se retournèrent vers l'agent Gibbs qui venait de faire son apparition et sourirent en même temps. Les retrouvailles avaient des allures de film pathétique que les jeunes aimaient à regarder pendant leur temps perdu. Jethro s'approcha de Jen pour déposer un tendre baiser sur ses lèvres alors que Cynthia manquait de tomber de sa chaise, si elle s'était attendue à ça ! Elle ne dit rien et assista, comme une petite souris cachée dans un recoin de la pièce, à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Gibbs, après avoir embrassé la directrice, demanda :

- Tu vas bien ?
- Tu ne m'as quittée que depuis quelques minutes, Jethro ! Je ne suis pas en sucre !
- Oh, excusez-moi directeur... J'avais cru voir une femme en détresse dans les parages, mes lunettes ont encore dues me faire défaut...

Elle frappa son torse en souriant. Ils avaient fait l'amour, il lui avait fait l'amour comme jamais on ne le lui avait fait. Prenant son temps, réveillant lentement chaque sens de Jen, effleurant chaque parcelle de sa peau en la faisant frissonner, il lui avait prouvé qu'un homme pouvait aimer une femme à sa juste valeur. Il lui avait fait reprendre confiance en elle et elle devait bien avouer qu'à partir du moment où il l'avait pénétrée pour la première fois, elle avait sentit un brasier prendre possession d'elle, brûlant la femme fragile pour laisser place au retour de la femme fatale.
Revenant peu à peu sur la terre femme, Jen esquissa un nouveau sourire, son amant la regardait avec attention, prêt à intervenir à n'importe quel moment. Décidément, le prince charmant n'arrête jamais de prendre soin de sa belle ! Elle lui adressa un sourire, plongeant son regard dans le sien avant de reporter son attention sur sa secrétaire

- L'agent DiNozzo ne vous a pas trop fait souffrir, j'espère ?
- Disons qu'il n'est pas aussi compétant que l'agent Gibbs en matière de torture...
- Eh ! Je vous rappelle que je suis là, Cynthia !
- Oh, mes lunettes ont dues s'égarer elles aussi...

La jeune femme sourit alors que Jen éclatait de rire. Sa secrétaire avait gagnée en assurance depuis le temps et il fallait croire qu'elle n'avait plus peur de répondre à Gibbs... Tout un art de résister au grand manitou !
Reprenant contenance, elle passa une main dans ses cheveux avant de la glisser dans celle de Gibbs sous un nouveau regard ébahi de la jeune métisse.
Jen et Jethro avaient discutés pendant leur voyage en avion, et avaient décidés, d'un commun accord, de ne pas cacher leur relation. Après tout, ils étaient adultes, majeurs et vaccinés, et puis avec toutes les rumeurs sur eux qui traînaient dans l'agence, ils n'avaient plus grand-chose à cacher...
Et Jen allait avoir besoin de cette relation, Francis à nouveau dans la nature et sa promesse de la faire souffrir n'annonçaient pas un futur si merveilleux que ça... A moins qu'un miracle ne se produise.

***


Il avançait à foulée rapide, enfin, aussi rapide que ce que les liens lui permettaient. Il allait vraiment devoir songer à s'en séparer mais pour le moment il ne pensait qu'à mettre toujours plus de distance entre les autorités et lui. C'était sûr et certain, il devait être recherché partout ! Forcément, s'attaquer à la tête d'une agence fédérale n'était pas un petit truc, mais il devait bien s'avouer qu'il s'était « éclaté » sur ce coup...
Jenny avait été une proie facile, exactement dans ses critères... Femme de tête, attirante et enivrante mais qui avait son point faible... Il avait passé du temps sur ce cas-là, allant même jusqu'à se créer une couverture, il lui avait dit être avocat, s'appeler Francis Weir et être divorcé sans enfants. Ça sonnait toujours bien pour les femmes de ce genre, même si celle-ci avait tiqué sur le divorcé...
Le viol avait été facile, s'en était presque décevant pour lui tant elle s'était laissée faire... La prochaine fois, il doserait un peu mieux la drogue !
Il bifurqua sur un chemin vers la droite et stoppa dans une petite maisonnée, maintenant, il allait changer d'apparence... Encore...

***


- Jen ce n'est pas raisonnable !
- Hmm Hmm

Elle ne l'écoutait pas, déposant de long baiser sur sa peau alors que ses mains s'attaquaient à sa chemise. Gibbs venait de se faire piéger par sa maîtresse, elle l'avait entraîné dans l'ascenseur et avait bloqué ce dernier avant de se jeter sur l'ancien Marine pour l'embrasser. Depuis qu'ils avaient fait l'amour, elle ne faisait qu'en redemander !

- Jen...

Il tentait tant bien que mal d'aligner deux pensées cohérentes, chose très difficile quand une femme aussi séduisante s'amusaient à passer ses mains froides sur votre peau !
Il n'allait pas résister encore très longtemps, et elle le savait... Rha ce que ça pouvait être frustrant de savoir à quel point elle le connaissait !

- Jen...
- Chut !

L'ordre était précis au moins... Elle lui ordonnait de se taire alors que ses mains, qui en demandaient toujours plus, s'attaquaient à la boucle de sa ceinture. Gibbs sentait le désir croître en lui en chaque instant et si elle n'arrêtait pas immédiatement, il risquait bien de craquer !
Le téléphone d'urgence fut son sauveur, ou plutôt son élément perturbateur ! Il commençait juste à céder !
Grognant de frustration, Jen s'éloigna de sa « proie » pour saisir le combiné

- Quoi ?
- Jenny ? C'est Tony... Tout va bien là dedans ? Ça fait plus d'un quart d'heure que vous êtes bloqués là...
- Tout allait bien, Tony ! Tout allait bien... On arrive...

Elle soupira et raccrocha avant de réenclencher le bouton d'arrêt d'urgence, son câlin allait devoir être repoussé... Elle se tourna vers son amant qui se rhabillait avec rapidité et se mordit la lèvre, sa proie était terriblement attirante, et elle n'était qu'encore plus impatiente de le sentir à nouveau en elle... Une frénésie s'était emparée d'elle depuis la veille et elle devait avouer qu'elle aimait plutôt ça... Francis n'était pas un problème...
Pour le moment !

***


- Alors, c'était comment Marseille ?

Ils se tenaient tous attablés chez Gibbs, endroit le plus sûr pour Jen. Toute l'équipe était là, y comprit Abby et Ducky... Tout ce beau monde questionnait les deux amants en piquant dans les assiettes à apéritif et buvant leurs coupes à intervalle régulier. Jen était assise près de Gibbs et se tenait le dos contre son torse, Jethro avait passé un bras autour de ses hanches et semblait former une protection alors que la jeune femme riait à chaque plaisanterie de son équipe et paraissait totalement détendue. Au contraire de Gibbs.

- Plutôt bien, Jethro m'a emmené dans les meilleurs restaurants de la ville. A la fin j'en pouvais plus !

Elle éclata de rire, rejointe par ses agents qui se regardaient puis observaient Gibbs en riant, la bonne humeur était au rendez vous et leur boss, même si il restait aux aguets, riait avec eux.

- Tu parles, tu ne te plaignais pas quand on te servait un super plat français.
- Fais gaffe, toi ! le menaça-t-elle, souriante, en brandissant un doigt faussement réprobateur à son encontre

Abby sourit, son "papa" et sa "maman" paraissaient vraiment heureux et devant elle se tenait un couple parfait : le rêve de toute petite fille. Elle se perdit dans la contemplation de ses "parents" comme elle aimait le dire, alors que Ziva et Tony s'amusaient comme des petits fous à poser toute sorte de questions au nouveau couple. Ducky relança la partie :

- Alors, mes enfants, que voyez-vous pour votre avenir ?

Jen se tourna vers Jethro et ils se regardèrent l'espace d'un instant. Bien sûr, ils y avaient pensé, mais rien de concret de s'était dessiné.
Ce fut la jeune femme qui se tourna vers le médecin légiste et murmura comme on avoue un secret :

- Eh bien... Nous avons conclu que... Emménager ensemble serait une bonne idée...

Elle avait hésité sur ses mots, la décision ne leur semblait pas si rapide mais ils avaient compris que de toute façon ils vivaient déjà ensemble d'une façon ou d'une autre... Ils avaient pris leur décision et c'était merveilleux aux yeux de la jeune femme...

***


Il ressortit de la maisonnée, les cheveux fraîchement coupés, et des vêtements propres. Il avait trouvé des clefs de voiture et le véhicule garé à l'arrière. C'en était décevant tellement c'était facile...
Il s'engagea sur la route et repéra rapidement un panneau indiquant Alexandria. Un sourire se dessina sur le visage du tueur en série alors qu'il murmurait dans un rictus

- A nous deux, Jenny...

La partie venait de commencer...


# Posté le jeudi 01 novembre 2007 13:25

Modifié le mardi 28 octobre 2008 10:18

Protect Me.


Chapitre 11.


- Ça fait du bien de les revoir... - Soupira la jeune femme.
- C'est vrai ?
- Oui. Ils m'ont manqués.

Leurs invités s'étaient échappés après une dernière accolade et les deux amants s'étaient affairés à ranger et nettoyer les restes de leur soirée. Jethro avait les mains plongées dans l'eau chaude et le liquide vaisselle - il avait prétexté que la jeune femme avait déjà assez fait en débarrassant la table et rangeant le salon – pendant que Jen était appuyée contre le plan de travail et commentait leur soirée avec engouement.

- Ziva a laissé pousser ses cheveux on dirait !
- Après deux mois tu arrives à remarquer ça ?
- Les cheveux poussent vite Jet', tu sais ! Regarde les miens...

Il esquissa un sourire, Jen était pleine d'entrain ce soir et rien ne semblait pouvoir l'arrêter, ils avaient passés une superbe soirée, les retrouvailles s'étaient très bien passées et Jen semblait s'être amusée comme une folle ... ce qui était totalement aux antipodes de la femme renfermée et inquiète à laquelle Jethro avait eu affaire au début de leur voyage en France. Il savait que ce n'était qu'une façade en attendant que Francis soit retrouvé, mais elle paraissait avoir franchit un pas de plus dans la voie de la guérison.

- Et Duck' a pris du poids ! déclara-t-elle en pouffant
- Pardon ?

Il termina la vaisselle et se tourna vers elle, surpris par cette réflexion, les sourcils froncés. Elle était détendue et il aimait ça, mais cette remarque de sa part l'étonnait.

- Quoi ? demanda-t-elle d'un air sérieux. Je suis réaliste !... ! Il a prit du poids, c'est un fait !

Elle pouffa à nouveau, la bonne humeur de la soirée l'ayant aidée à se détendre. Elle tentait par tous les moyens d'oublier ses problèmes. Dans tous les cas, elle riait telle une adolescente lors de sa première cuite.

- Et tu as vu McGee ? Il ne nous a pas lâchés du regard de toute la soirée ! Il a du être choqué de nous voir ensemble... Le pauvre !

Elle éclata d'un rire franc avant de se lover dans les bras de Jethro, la directrice Shepard était totalement oubliée en ce moment...

***


- Qu'est-ce que tu en penses ? demanda Tony à Ziva qui conduisait.
- De quoi ?
- D'eux...
- Ils sont... Comment on dit déjà ? Cou ?
- Chou ?
- Oui voilà c'est ça !
- Et pour elle ?
- Elle semble reprendre le dessus... Et toi ?

Tony s'étira dans l'habitacle de la voiture et sourit en murmurant :

- Eh bien ! J'en pense que je suis bien content de la revoir ! Son poste n'est pas fait pour moi...
- Oui, ça on avait remarqué !

Ils rigolèrent alors que Ziva se garait dans le parking de l'agence.

***


Choisir. Planifier. Agir.
Les trois mots qu'il avait à la bouche...
Sa nouvelle planque était plutôt pratique : une chambre de motel qui lui laissait tout le loisir de la discrétion. Il avait réservé sous le nom de John Smith, sa nouvelle identité, pour le moment.

Installé sur le lit au milieu de diverses photos visant les amis de Jen, John - ou Francis comme bon vous semble l'appeler -, relisait ses notes sur son ordinateur portable pour choisir sa future victime dans les proches de la jeune femme : Cynthia Summer, la secrétaire, ferait une bonne proie. Elle était très proche de Jenny et il était persuadé que la faire souffrir toucherait aussi la rouquine.

Se levant subitement, il se dirigea vers la fenêtre : une voiture venait de faire crisser bruyamment ses pneus sur le gravier du parking et avait attiré son attention.
Une femme, grande, rousse et aà l'allure sportive - elle devait faire partie de l'armée, puisque la vignette de la base voisine se trouvait sur sa voiture, et l'½il avertit du tueur l'avait immédiatement remarquée - sortit de la voiture alors qu'un sourire éclairait le visage du tueur. S'éloignant de la fenêtre, il se précipita hors de sa chambre à l'encontre de la jeune femme.
Arrivant près d'elle, il esquissa un nouveau sourire en remarquant qu'elle avait le visage rougi par les larmes et tendit la main en murmurant :

- Je crois que les présentations n'ont pas été faites... John Smith, pour vous servir.

La jeune femme se tourna vers lui et sécha les dernières larmes qui avaient coulées sur son visage, avant de serrer la main de l'homme qui l'accostait.

- Second maître Cassie Winter, dit-elle en esquissant un faible sourire.

Cet homme avait l'air charmant, autant présenter tout ses atouts directement...

- Ma chère Cassie... Je peux vous appeler Cassie ?
- Bien sûr.
- Venez avec moi... Vous avez l'air d'avoir besoin de raconter vos malheurs.

Il l'entraîna lentement vers sa chambre, un faux sourire plaqué aux lèvres.

***


- Tu sais...
- Oui ?

Elle hésita quelques instants puis se lova un peu plus contre le corps de son amant, ils avaient terminés de tout ranger et s'étaient mis au lit après s'être douchés. Jen s'était naturellement installée contre Gibbs et ils discutaient en regardant la télévision, comme un couple normal qui apprécie de regarder la TV le soir au lit....

- On devrait faire emmener mes affaires ici... (proposa-t-elle doucement.) ?

Il esquissa un sourire. Depuis qu'il lui avait proposé de vivre ensemble à leur retour, elle n'avait cessé de réfléchir pour trouver LA maison idéale qui leur conviendrait parfaitement et où ils seraient tous les deux à l'aise.

- Tu as donc fait ton choix ?
- Eh bien, je ne veux pas qu'on s'installe chez moi parce que....

Elle n'eut pas besoin de terminer. Il se doutait qu'elle ne voulait pas rester chez elle : lieu de son agression, ce qui était totalement compréhensible.

- ... et on ne peut pas prendre une nouvelle maison tant que tu n'as pas terminé le Kelly... Et puis je sais que tu tiens à ta maison !

Elle sourit, passant un bras en travers du torse de son amant, qui faisait mine de s'intéresser à un match de Baseball alors qu'il restait très attentif aux dires de la jeune femme, et esquissait un sourire au fil de ses paroles. Il tourna subitement la tête vers elle en demandant d'une voix simple :

- Ah bon ? Tu es donc en train de me dire que je ne pourrais pas quitter ma maison pour en investir une autre avec toi ? demanda-t-il, un sourire amusé au coin des lèvres.

Elle sembla déstabilisée. Oui ! L'espace d'un instant, Leroy Jethro Gibbs l'avait déstabilisée... Reprenant lentement de sa superbe, la jeune femme assimila les informations et répliqua en un demi-sourire :

- Oh, si acheter une nouvelle maison t'intéresse... Je suis partante, mais à une seule condition !
- Laquelle ? demanda-t–il, étonné ?
- Tu me laisses faire la déco !

Elle éclata de rire alors qu'il la bousculait pour la chatouiller et l'embrasser, tels deux adolescents s'amusant.

***


- Tony !
- Hmmmm ?
- Tony, arrête de poncer et réponds au téléphone !
- Pioncer, Ziva, pas poncer !
- Je me contrefous du mot qu'il faut utiliser, je te tue sur le champs si tu ne réponds pas immédiatement à ce satané portable !
- Ça va, ça va !

Tony s'extirpa tant bien que mal de sous son bureau, où il s'était laissé glisser, et tendit la main vers son téléphone portable. La jeune israélienne et lui étaient rentrés au bureau pour terminer la paperasse en retard, avant que Gibbs ne reviennent et se mette à hurler comme à son habitude. Seulement, après la soirée chez leur boss, il s'était laissé gagner par la fatigue et s'était endormit sous le regard bienveillant de Ziva.
Il soupira et décrocha lentement son portable. Il allait devoir penser à refaire transférer la ligne chez Jen parce que pour lui, le poste de directeur d'agence - chef d'équipe était vraiment fatiguant.

- DiNozzo, j'écoute !
- ....
- Très bien, sécurisez la zone, on arrive !

Le jeune Italien raccrocha et passa une main lasse sur son visage, le boulot reprenait.
Ziva vint se poster devant son bureau - c'était toujours surprenant la rapidité avec laquelle elle était capable de se réveiller, si bien sûr elle avait dormi ! - et demanda d'une voix passablement ensommeillée :

- Ils ont quoi pour nous ?
- Un Marine mort...
- Ah merci Tony ! Moi et mon sens de la déduction n'aurions pas pu trouver ça seuls !
- Je le savais bien... C'est pour ça que je t'indiquais la solution.

Il esquissa un sourire avant de se lever et de fouiller dans son bureau à la recherche d'une chemise propre, sous le regard menaçant de sa coéquipière.

***


- Qu'est-ce qu'on a ?

Tony s'avançait rapidement entre les voitures de police et les leurs pour rejoindre McGee, Jimmy et Ducky, qui n'étaient maintenant plus étonnés de voir Tony et Ziva arriver ensemble. Ces deux là faisaient la paire et restaient souvent ensemble. Comme Jenny et Gibbs à leurs débuts, pensa Ducky.

- Mon cher Anthony, je dois bien avouer que tu ressembles de plus en plus à Jethro, constata le légiste.
- Je sais Ducky, je sais...Tu as la cause du décès ?
- Nous venons juste d'arriver, je n'ai même pas encore vu ma pauvre victime...
- Bien, alors allons-y, murmura Tony en se dirigeant vers l'entrée du motel, tout en revêtant les gants de latex. Qui l'a découvert ?

McGee s'avança à sa hauteur et répondit en lisant rapidement les notes qui avaient été transférées sur son PDA.

- C'est une jeune femme, 38 ans, retrouvée morte par le gérant du motel qui venait vérifier les chambres. Les autorités n'ont pas touché à la scène de crime, préférant nous prévenir directement quand ils ont remarqué sa plaque d'identification à l'entrée de la chambre. Le gérant du motel, Chris Foxx, est dans une des voitures de police et attend qu'on vienne l'interroger.

Le jeune agent reprit son souffle alors que Tony souriait, le boulot reprenait réellement ! Cependant il n'avait pas voulu déranger Gibbs directement, et préférait le laisser se remettre à l'heure américaine avant de lui demander de revenir sur le terrain. Il sortit son badge, qu'il présenta à l'officier chargé de garder la scène de crime jusqu'à leur arrivée puis entra dans la chambre sans attendre. Aussitôt, Ziva et McGee s'occupèrent des indices, photos et croquis. Tony s'approcha de la victime et soupira en cherchant les papiers d'identité sur la jeune femme. Il se releva, victorieux, et lu à haute voix le nom de leur victime :

- Second maître Cassie Winter, dit-il en regardant le corps sans vie de la jeune femme.

Cette dernière était nue, recouverte d'une simple couverture qui ne cachait quasiment rien de son corps. Son visage semblait figé en une expression de stupeur alors que sa position indiquait clairement qu'elle avait subit des violences. Les agents n'avaient pas besoin d'attendre d'analyse de la part de Ducky pour le comprendre...

***


- Ca, ce n'est pas normal....
- Qu'est-ce qui n'est pas normal, monsieur Palmer ?
- Ce papier coincé dans sa gorge...

L'assistant du docteur Mallard retira – à l'aide d'une pince - le papier qui se trouvait bloqué au fond de la gorge de leur victime, Ducky arriva près de lui et enfila une nouvelle paire de gants avant de déplier le papier.

« Tu es à moi, Jenny ! »

- Oh mon dieu !
- Docteur ? Qu'est-ce que ça dit ?
- Téléphonez à l'agent Gibbs, immédiatement !

Jimmy s'éloigna sans broncher, exécutant l'ordre du docteur alors que celui-ci se tourna vers sa patiente en murmurant

- Les ennuis ne font que commencer, ma pauvre amie...

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 12:38

Modifié le mardi 28 octobre 2008 10:18

Jen, 3 petites lettres, 8 ans de ma vie
Chapitre unique.


Deuxième fois. L'histoire se répète encore... Quelle tuile !
Encore une fois, j'ai superbement démontré le second B de mon nom... Quel con !
Et me voilà devant ce café, attablé au Starbucks - bien entendu - à débattre avec mes pensées personnelles. Et s'ils pouvaient tous arrêter de me regarder avec de gros yeux ! Franchement, les gens sont là, à vous fixer avec insistance et ils sont persuadés d'être discrets simplement parce qu'ils tournent la tête quand vous posez votre regard sur eux... Mais bon ! Je ne suis pas là pour juger les gens, passons...
Les femmes... Voilà mon problème ! Les femmes. J'ai dû tomber dans le mauvais chaudron en étant petit, comme dirait Tony.
Me revoilà donc, encore avec un problème de femme... Comme si je n'en avais pas eu assez avec les trois premières !
Non... Je me trompe : j'ai un gros problème avec une femme !

Jenny Shepard. Déjà 8 ans que je la connais, et toujours autant d'emmerdes du côté privé ! Pas le boulot, je parle pas de ça, de ce côté Jen est excellente, même si elle n'aurait pas dû quitter le terrain... Enfin bon, passons sur ce point-là aussi !
La première fois, c'était déjà assez con, mais alors là... On a réussi à reproduire exactement la même histoire ! A un détail près, je ne suis pas marié, mais je vais me marier...
Diane/ Jen, Hollis/ Jen.
Bon, au moins, c'est pas deux fois la même épouse !... D'ailleurs c'est pire, quel con ! Deuxième édition !
Voilà qu'en une nuit, elle arrive à me faire perdre le fil de mes pensées... Bon, je dois avouer que ça a commencé à partir du moment où je l'ai rencontrée... mais quand même !
Alors, il faut déjà que j'essaie de repartir du début...

J'ai demandé Hollis en mariage, elle a accepté ; premier point. A bien y revenir... Je ne sais même pas pourquoi je l'ai demandée en mariage, il faut croire que trois divorces ne m'ont pas suffi , il va m'en falloir un 4ème... Et si je pars comme ça dans mon mariage, je suis vraiment mal barré !
Toujours est-il que j'ai couché avec Jen... Non, pas couché, je n'aime pas ce mot... Je lui ai fait l'amour !
Ouais bon, à ce stade-là je crois que c'est pareil...
Quel con !
Le pire, c'est que je ne suis pas resté... Là , c'est vraiment con ! J'en arrive quand même à me demander ce qui est le plus con... Tromper sa future (ex)femme avec son ancienne maîtresse - rien que ça c'est compliqué !- ou rester à s'emmêler dans ses pensées devant un café, après une journée de reproches de la part de la nouvelle ex-maîtresse ou je sais pas quel pseudo d'autre...
Et après, on ose dire qu'être un homme c'est la belle vie !

Franchement... Elle me déteste... Ce qui, en soit, est assez logique vu mon attitude. Mais elle me hait à un point ... imaginable pour les femmes, incompréhensible pour moi.
Et cette phrase qu'elle m'a lancée ! Elle n'aurait rien dit, je serais sûrement en train de m'occuper de mon bateau sous l'oeil attentif de ma future femme, en espérant oublier ce dérapage. Mais son « Ce matin, j'étais prête à nous laisser une seconde chance », ça m'a achevé !
C'est fou comme cette phrase peut tourner dans ma tête... Jenny Shepard a encore réussi à me tuer ! Alléluia ! Sortez le champagne !

Bon, résumons la situation... Je suis... bloqué entre deux femmes, sans savoir quoi faire... Encore!
Remarquez, je pourrais très bien... Je pourrais très bien prendre un autre café et essayer de me concentrer sur mon enquête plutôt que sur les deux femmes qui tournent dans ma tête...
Ou alors, je pourrais tenter de me convaincre que dans l'histoire ce n'est pas moi le coupable... C'est vrai ! Je n'ai fait que l'embrasser et l'emmener vers sa chambre. Elle aurait très bien pu m'arrêter avant que...

Bon, je le reconnais, je suis en tort... Super ! Si elle m'entendait parler, elle serait capable d'hurler de joie...
Jen... trois petites lettres et 8 ans de ma vie !
Elle m'a demandé de l'oublier, de tirer un trait sur nous... Chose la plus logique à faire pour un homme qui va se marier mais, je n'y arrive pas.
C'est ça le problème : je n'y arrive pas ! Je ne peux pas tirer un trait sur tout ça, sur Jen, notre relation et mes sentiments. Sauf que bien sûr, je vais me passer de lui dire ça...
Voilà mes deux problèmes en somme : les femmes et les sentiments.
Évidemment, c'est lié.
Je devrais peut-être lui téléphoner... Non ! Un homme ne peut pas téléphoner à son ancienne maîtresse simplement pour lui dire que c'est elle qu'il aime... De un, je ne saurais pas quoi dire et de deux, par téléphone, c'est pas super !
Je pourrais écrire une lettre... Mais le coup de la lettre, ça fait vieux jeu et ça me ferait trop penser à sa lettre de rupture... D'ailleurs quand j'y pense, je l'ai encore sa lettre.... Elle est bien abîmée, cette lettre d'ailleurs... Je l'ai gardée 6 ans sur moi, dans la poche de ma chemise, je la glissais tous les matins avant de partir... pathétique ça !
Un mail ? Je peux toujours essayer d'écrire un mail...Je suis sûr qu'elle le recevra tout de suite et je n'aurai ni besoin de la voir ni de lui parler... Bonne idée, ça !

****


Me voilà donc devant mon ordinateur ! J'ai abandonné le Starbucks, j'en avais assez du regard insistant des gens. D'habitude, je n'y fais pas attention, mais là c'était vraiment trop pesant... Et puis, de toute façon, c'était l'heure de la fermeture... J'ai bien essayé d'errer dans les rues de Washington mais mon cerveau ne sera pas décidé à me laisser tranquille tant que je n'aurai pas envoyé ce maudit mail à la femme que j'ai choisie... Et après, on dit que le c½ur n'écoute pas la raison ? Bah là c'est la raison qui oblige le c½ur ! Le monde à l'envers...
En avant pour essayer de retranscrire ce que je ressens... Tiens, je vais écouter le CD d'Abby... Après tout, vu l'heure, il n'y a personne au bureau, alors je peux bien écouter un peu de musique pour une fois...
Bon, j'ouvre cette fichue page... Commençons... Ok... Je suis censé commencer par quoi moi ?


« Jen, »


Au moins, c'est un début... Mais ensuite, qu'est-ce que je vais bien pouvoir lui dire ? Je vais enclencher la musique, ça m'aidera peut être... Mouais... Ça m'aide... On va dire ça comme ça ! J'ai quand même un choix à faire entre deux femmes, moi, et pas un petit choix ! D'un côté, une femme géniale qui rêve sûrement de fonder une famille et de voir son mari tous les soirs quand elle rentre. Et de l'autre, une femme sublime au corps de rêve, un caractère impossible mais cependant terriblement attirante et qui rêve en ce moment même de.. m'étrangler.
Et bien sûr, en bon soldat, je choisis la plus dangereuse des deux !
Bon, à bien y réfléchir, Hollis est aussi dangereuse que Jen si ce n'est plus... mais Jen reste la seule capable de me blesser de l'intérieur...

Jen,


J'ai tellement de choses à dire que je ne sais pas par où commencer
Je ne peux pas... Je n'en ai pas le courage.
Je ne peux pas faire semblant de tirer un trait sur toi... Sur nous.
Tu sais, au moment où je t'écris une chanson attire mon attention...Je crois que depuis la mort de Shannon et Kelly, je ne me suis jamais accordé d'écouter une chanson qui pourrait me faire penser à une autre femme.
Je me trouve con, Jen, tu sais ! Je suis là derrière mon écran, cette chanson qui passe en boucle dans ma tête et des images de nous...
On ne fait pas toujours le bon choix dans la vie, mais je sais que là j'ai vraiment merdé... Mais il est trop tard, pas vrai ?


If you wait for me then Ill come for you
Although Ive traveled far
I always hold a place for you in my heart
If you think of me, if you miss me once in awhile
Then Ill return to you
Ill return and fill that space in your heart


Tu sais, quand tu es partie en 1999, j'ai eu l'impression de perdre le reste de mon coeur... La partie que j'avais réussie à sauver après la perte de Shannon.
J'espérais tous les jours que tu allais revenir... Je t'ai cherchée, partout... Mais le directeur m'a annoncé que tu étais partie en Europe avec un agent du Mossad, Ziva sûrement...
Pendant deux ans je t'ai attendue , je n'ai accepté personne dans ma vie, tu sais... Puis j'ai rencontré Stéphanie, elle te ressemblait beaucoup... Pur égoïsme d'épouser une femme qui te ressemble simplement parce que je ne pouvais pas t'avoir, je sais.


Remembering
Your touch
Your kiss
Your warm embrace
Ill find my way back to you
If youll be waiting
If you dream of me like I dream of you
In a place thats warm and dark
In a place where I can feel the beating of your heart


Je ne pensais pas être capable de pleurer pour une femme, mais c'est arrivé... deux fois.
La première pour Shannon, et la seconde... pour toi.
Je t'imagine déjà en train de me dire qu'il n'y a pas de quoi pleurer, ou quoi que ce soit d'autre...
J'ai toujours su quand tu allais sortir une remarque cinglante de toute façon...
J'ai cette chanson qui tourne en boucle, idiot n'est ce pas ?


Remembering
Your touch
Your kiss
Your warm embrace
Ill find my way back to you
If youll be waiting
Ive longed for you and I have desired
To see your face your smile
To be with you wherever you are

Tu sais, cette chanson ne ment pas... Je n'ai jamais su te dire tout cela, je le sais...
Je sais aussi que je fais une quatrième erreur en épousant Hollis, je l'ai su à partir du moment où elle a dit « oui »... Mais il est trop tard pour faire marche arrière, je n'ai pas de signe de ta part... j'en ai eu un, je l'ai raté...
Peut-être que notre chance est passée après tout... ou peut-être qu'elle est encore là mais qu'on ne veut pas la voir...
Je me souviens de chaque détail de ta peau, de toi, de nous...
Ce n'est pas correct pour un homme qui va se marier, mais je ne parviens pas à tirer un trait sur toi


Remembering
Your touch
Your kiss
Your warm embrace
Ill find my way back to you
If youll be waiting
Ive longed for you and I have desired
To see your face, your smile
To be with you wherever you are


Je ne sais pas pourquoi je t'envoie ce mail... Juste besoin de t'écrire ce que je n'ai jamais su dire, ce que je pense vraiment...
Je l'aime, bien sûr, mais mon amour pour cette femme n'égalera jamais celui que j'éprouve pour toi, parce que lorsque je m'endors et que je suis seul, ce n'est pas à Hollis que je pense, mais bel et bien à toi, Jen.
J'aurai tant aimé que ce soit toi qui t'endorme chaque soir dans mes bras, te faire l'amour des nuits entières Hier était une nuit merveilleuse, jamais je ne pourrai l'oublier... il faudrait être fou pour l'oublier ! Et même si je suis fou.. de toi, ça ne change rien


Remembering
Your touch
Your kiss
Your warm embrace
Ill find my way back to you
Please say youll be waiting


Mais tout ce que je dis est interdit... Je ne suis plus qu'un ex, un abruti qui va se marier et je ne devrais pas être en train d'avouer mes sentiments à cette vulgaire page web.
Sauf que tu le sais, Leroy Jethro Gibbs ne fait jamais les choses dans les règles... Il est 23h54, Jen, j'aurais passé au moins une heure à réfléchir sur ce mail...
Tu n'aimes pas les ultimatums, je le sais... Mais si tu choisis de juste faire un geste, n'importe quoi pour m'indiquer que, toi aussi, tu as envie de nous donner une nouvelle chance, alors je le ferai... Je reviendrai.
Je sais que j'ai besoin de toi dans ma vie, mais je sais aussi qu'une histoire entre nous sera toujours très compliquée...
J'aimerais seulement avoir une place dans ton coeur comme tu en as une dans le mien... savoir si tu m'attendras ou si tu refais déjà ta vie...


Together again
It would feel so good to be
In your arms
Where all my journeys end
If you can make a promise if its one that you can keep, I vow to come for you
If you wait for me and say youll hold
A place for me in your heart.

Une place pour moi dans ton coeur...


Tu me manques, Jen.

J. »



Voilà... J'ai cliqué sur le bouton « envoyer », trop tard pour revenir en arrière maintenant. Je coupe la luminosité de mon écran et m'adosse correctement contre mon fauteuil. Mettant mes mains derrière la tête, mon regard se pose sur la porte close du MTAC : il n'y avait aucun signe de vie apparent au NCIS, je ferais mieux de rentrer chez moi...
Et bien sûr, par je ne sais quelle magie, mes yeux se posent sur le chemin qu'il faut emprunter pour arriver au bureau de Jen... Non, ce n'est pas le moment ! En plus, Hollis doit m'attendre.

Je me lève lentement et j'éteins toutes les lumières, avant de me diriger vers l'ascenseur. Une longue discussion – sûrement accompagnée d'éclats de voix, de pleurs et de bris de lampes ou de vases - m'attend à la maison.
Mais à partir de maintenant, je sais une chose : j'ai fait mon choix, après 8 ans, un café et un mail..... Le pire... C'est que je peux souffrir à nouveau, encore une fois je plaque tout pour elle... Mais on dit bien que par amour, on est prêt à tout... Est-ce de l'amour ? Sûrement... Je n'ai plus qu'à attendre sa réponse ou... non réponse.
Mais maintenant je le sais, je suis à Jen, mon c½ur est à Jen...
C'est ma promesse.




# Posté le samedi 17 novembre 2007 04:17

Modifié le samedi 07 mars 2009 14:01